dimanche, mars 21, 2021

Sur Arte et France Inter!

 



Je suis passé dans le journal d’Arte, édition de la mi journée puis bientôt dans une édition du soir. J’y parle de mes disques customs, de mes concerts dans la rue, et de l’adaptation en temps de crise. 

Ici le lien

(A 7’35)



Le même jour je suis passé pour un sujet similaire, l’adaptation pour un musicien en temps de pandémie, sur France Inter, en version longue ou courte, dans l’édition du matin: 

Ici vers la deuxième moitié 





jeudi, février 18, 2021

Janvier privé février privé

 L’économie de la musique privée me ravit. Au final cela me rappelle le début des années 2000, lorsque, après quelques années à jouer dans un réseau rock français, à raison de quelques dates par an entre 1994 et 2000, je me retrouvais à jouer dans la rue avec mes amis, et qu’un jour quelqu’un nous tape sur l’épaule: « ça vous dit de jouer chez nous pour une fête privée? ». C’est grâce à ce genre de concerts et le bouche à oreille qui s’en suivit, que nous avons, mes amis et moi, augmenté notre ratio de concerts d’environ 1000%. Le rebond nous a fait jouer dans tous les sens et le groupe s’est structuré petit à petit autour du nom Cocktail Bananas. Au bout de quelques temps j’accédais au statut d’intermittent du spectacle, alors que je n’y parvenais pas dans les années 90, et ce pourtant flanqué de bons articles. Je sentais que j’apprenais à jouer en concerts, et ce avec une fréquence régulière. Depuis la pandémie, je renoue avec le privé. En ce sens que j’ai joué de mai à décembre, souvent en privé. Webcam privée, concerts privés, concerts sans public retransmis sur internet. A la fin de l’année j’ai lancé ma page sur Patreon. Dedans tout est privé. Les mp3 mensuels et autres vidéos ne sortiront nulle part ailleurs. L’album spécial Patreon, que je vais préparer tantôt, sera disponible uniquement pour les abonnés. Et depuis janvier j’ai lancé le « albums customs série »: une série d’albums uniques, pour une seule personne à la fois, joués et enregistrés pour la personne, gravé pour la personne et décorés pour la personne. J’en ai déjà fait 14 et j’ai une vingtaine de demandes qui attendent. Je suis ravi que cette série se passe bien. J’ai aussi un projet en cours de réalisation d’album pour un chanteur qui souhaite être discret et que j’appellerai F. J’ai aussi fait une journée de studio pour Thomas, comme batteur, bassiste, guitariste, clavieriste. Donc en ce moment je passe beaucoup de temps en studio. Je continue aussi mon album pop, en cours d’enregistrement, pour un label du Gers. J’ai aussi publié un album de guitare solo en digital sous le nom Marc Hibo et un album d’ambient sous le nom Klaus Irmin Mohamed, ainsi qu’un single sous le nom Christian et un autre sous le nom Grand Chameau Orchestra. La multiplication des allias va me permettre de pouvoir développer certaines couleurs et de laisser mûrir d’autres. Par exemple mon allias Les Clopes rencontre des expériences extérieures. Quelques interviews, une chanson écrite par le bassiste de scène, et une réédition cd chez le label Choléra Cosmique. 

Nous avons aussi sorti un 45 tours avec Cléa Vincent en duo. Deux chansons écrites et jouées et chantées ensemble. Le 45 tours n’a aucune pochette et ne sort pas sur internet pour le moment. Que du circuit court. Il fut épuisé en 24 heures. 

J’ai aussi peint quelques toiles. En bref, en attendant une reprise correct des concerts, je développe d’autres possibilités. 

Cela dit, j’ai à ce jour trois dates confirmées. La première est mi mars. 

J’ai aussi un nouveau personnage, Monstre Moche, dont le maxi 5 titres est terminé. Mastering prévu dans quelques jours. 

Je continue d’écrire dans le fanzine Groupie et je dessine dans La Face B. 
























L’album de Jeanne Rochette, que j’ai réalisé, est sorti !!

jeudi, janvier 14, 2021

« Confinado » premier du Top Itunes



 Ce coup ci me voilà premier du Top Itunes Alternative France 

jeudi, janvier 07, 2021

Où en sommes nous?

 Début décembre je vous comptais mes projets. Entre temps j’ai rejoué  mon spectacle « Planète Fanfare », à Canteleu. Je ne l’avais pas joué depuis deux ans. Ce fut formidable pour moi de le rejouer. Comme c’est un spectacle jeune public, « Planète Fanfare » est passé au dessus de l’interdiction de jouer en salle. Il y’eut bien deux représentations. J’etais ravi. J’ai donc joué en public en décembre 2020! J’ai eu beaucoup de chance. En novembre 2020 j’ai aussi eu de la chance, en jouant au Théâtre de la Ville de Paris ainsi qu’à la Mac d’Epinay sous Sénart pour des « concerts sans public », l’un en duo avec Cléa Vincent, l’autre en solo. Des concerts en salle, retransmis sur internet, et moyennant cachets! Aucun public et pourtant un salaire. Jouer en novembre et décembre 2020 dans des salles était pour moi une joie. Car comme j’ai joué entre les deux confinements, de mai à fin octobre, puis durant le deuxième confinement, je peux conclure que je n’ai eu que avril comme mois interrompu de concerts en 2020, si j’exclus mes live webcam privé depuis chez moi. Là encore je peux tout de même me réjouir, j’en ai fait une cinquantaine, de ces live vidéos. Alors je termine 2020 avec les comptes à l’équilibre, un manque de jeu en live et à plusieurs douloureux, mais malgré tout une année riche d’autres choses, comme tous ces disques que j’ai sortis. Aujourd’hui encore « confinado », mon album de septembre était 3e d’itunes. Il va et vient dans le top depuis un mois sans que je sache pourquoi. J’en suis ravi. J’ai desormais 8 abonnés Patreon, pour du contenu exclusif et mensuel. L’album de Les Clopes, que j’ai fabriqué seul, à l’exception d’une chanson et d’un texte de Guillaume, le bassiste de scène, sort après demain. J’ai remis en route TELEKIM après dix ans de pause et j’ai des tas de projets pour 2021. 

Cela dit le versement de la Sacem de ce mois ci est minuscule, suite à cette année sans concerts devant un large public, ni tout le reste. J’ai encore des choses prévues jusqu’au printemps. Mais je vais commencer à tirer sur la corde. Je fanfaronne dans ce post, mais j’ai hâte que les concerts reprennent. Il faut tenir encore. Je peux faire  six mois d’efforts, mais après je vais commencer à être dans le rouge. Croisons les doigts. Que cette crise sanitaire se règle. 

mardi, décembre 22, 2020

Nous sommes essentiels

 Je vois beaucoup de mes camarades du spectacle choqués que nous soyons, avec les cafetiers, les restaurateurs et quelques autres, les oubliés de 2020, lorsque peuvent rouvrir les trains surbondés et les lieux de cultes. Je comprends cette détresse et la ressens tout autant depuis le mois de mars 2020. 

Je vois aussi beaucoup de compagnons issus des musiques enregistrées se sentir dépendants d’une autre frange de la culture, et ainsi angoissés de ne pas trouver de place pour y faire exister une économie. 

En résumé je comprends le monde de la culture dans son entièreté, parce que l’année 2020 a montré que les sacrifiés seraient les métiers dépendants de l’affluence d’un public, d’une part, et dépendants de leur poids financier, d’autre part. Et même si tout le monde s’en doutait, nous l’avons pris en plein visage car cette information est désormais officielle et assumée: nous ne sommes pas essentiels. 

Pourtant je pense l’inverse: la Culture est essentielle. 

Aussi je reste persuadé, et même si j’ai autant peur de l’avenir que mes camarades, que la solution n’est pas uniquement d’aller hurler auprès d’un gouvernement sourd. Bien sûr nous allons devoir montrer que nous existons, et je suis d’accord pour aller manifester. Cela dit je crois qu’il est surtout temps d’apprendre de nos erreurs. Depuis mille ans nous nous sommes laissés insulter en acceptant l’idée de la bohème, parce qu’on nous avait dit qu’il en était ainsi. Depuis mille ans on nous sert que nous sommes inutiles, alors nous faisons l’aumône auprès de quelques mécènes institutionnels par peur de tomber dans la précarité, qu’ils s’appellent rois, cardinaux, producteurs ou agences de pubs. Nous cherchons les économies de service, puis les fonds privés, puis les pourboires du contribuable. Nous acceptons que l’on nous dise « mais tu arrives à vivre de CE métier? » ou encore « tu as cédé au commercial » ou l’opposé « vous les ayatollahs de l’underground » ou bien « ce n’est pas un métier c’est une passion ». Le lexique sort de la religion, ou de l’économie libérale, ou du divertissement qui ne cesse de se moquer de nous, ou de l’économie communiste qui a besoin de nous comme portes paroles, ou d’un peuple fragilisé, ou d’un monarque de circonstance. Jamais nous n’avons eu notre propre lexique car jamais nous n’avons su devenir autonomes pour de bon. Oui, autonomes de l’Etat, du commerce, des églises, selon les époques. Nous avons besoin de temps et cette toute petite exigence nous paraît capricieuse alors nous nous cachons. Les chercheurs scientifiques ont pourtant la même hygiène de vie. Ils veulent du temps. Nous cherchons un écho populaire alors nous nous blâmons d’égocentriques quand les hommes politiques osent la même impudeur tout en restant dignes. 

A long terme, toutes les activités créatrices, à mon avis, doivent s’observer dans la plus grande dignité, puis s’unir en une seule, puis apprendre à consolider leur artisanat comme savent le faire les métiers les plus nobles, les plus vieux et les plus solides. Une fois les méthodologies revisitées, les activités créatrices, que d’autres appelent la Culture, devront se battre avec les mêmes armes que les autres économies de métiers. Car nous serons structurés. Nous cesserons de considérer nos partenaires comme des patrons. Ce seront nos clients, ou parfois nos collaborateurs. Ils ne seront pas nos ouvriers car ils possèderont leurs outils, ce qui en fera des artisants. Il nous faudra être pédagogues pour que tout le monde comprenne bien que, oui, la Culture est essentielle. Ce jour là nous n’aurons plus besoin de nous chercher une economie d’adoption, car ce jour là nous aurons la nôtre. 

Oui j’irai manifester pour que la Culture soit respectée. En parallèle je souhaite que nous travaillions à devenir aussi puissants que d’autres économies pour qu’enfin le fait que nous soyons essentiels ou non devienne un non sujet.